6 octobre 2011

Perrier, mixologie et moléculaire: la rencontre du 3e type

J'avoue que je n'ai pas été dure à convaincre. En fait, je suis une fan finie de Perrier et autres eaux pétillantes depuis toujours. Tellement que j'ai dû, à un moment, contrôler mon addiction (et mon porte-feuille). Hé bien, tout était en place cette semaine pour que je replonge en plein dans mon vice avec la venue à Montréal de Laurent Greco, mixologue français et fondateur du magazine CocktailZone, de Liquid Chef Paris et du Mojito Lab à Paris (un bar dédié aux mojitos, je rêve!).

Laurent Greco montre l'art de servir un Perrier parfait: sans glace, bien froid et avec une tranche de citron pas trop épaisse!

M. Greco est aussi associé avec la Société Perrier. C'est donc à un événement mixologie Perrier que quelques membres sélect de la presse (hum-hum!) et de la restauration ont été conviés mardi dernier à Ateliers & Saveurs. M. Greco nous a fait la démonstration de son art, parfois impressionnant, tout en donnant des trucs aux barmen présents pour bien mettre en valeur l'eau gazeuse la plus populaire au monde. Car Perrier se vend dans 150 pays à travers le monde, à raison de 1 milliard de bouteilles par année (dont la moitié seulement en France).


J'ai d'ailleurs appris quelques infos fort intéressantes. Premièrement, que la source Perrier a été découverte au 19e siècle par un docteur, un certain Louis Perrier, qui a trouvé cette source souterraine sous son terrain, à Vergèze. Grâce à un processus dont seule la nature a les secrets (et qui implique, si j'ai bien compris, de l'eau de pluie, du gaz volcanique et une réaction nommée osmose), cette eau est naturellement un peu pétillante. Et il y en a des quantités industrielles!

Ainsi, le gaz qu'on boit dans un Perrier est 100% naturel; la seule manipulation faite est celle de séparer l'eau et le gaz pour ensuite réintroduire dans l'eau une quantité contrôlée de gaz, soit 7 grammes par litre d'eau, ce qui en fait l'eau la plus pétillante sur le marché, tout en étant celle qui contient le moins de minéraux.

En faisant se rencontrer Perrier et mixologie, M. Greco a pu observer le principe "sublimation" à l'oeuvre,  tel qu'il me l'avait expliqué dans un courriel: "En utilisant des produits aromatiques frais comme le concombre, le gingembre, on peut jouer à sublimer, c'est-à-dire à apporter une saveur à un liquide, dans ce cas-ci, au Perrier."

Il nous a fait la démonstration en déposant dans trois petits verres un morceau de gingembre, de concombre et de piment fort. Je ne croyais pas que les saveurs ressortiraient aussi fortement, surtout celle du piment! Ouf qué calor!!! On peut s'amuser à sublimer son Perrier avec toutes sortes de produits: du melon, du thé, du safran, des épices...

Un des trucs assez impressionnants de M. Greco, quoique très simple au fond, est le Magic Perrier (succès garanti auprès des marmots!). C'est encore le principe de sublimation qui est à l'oeuvre ici, mais en utilisant de la Barbapapa, qui fond littéralement sous nos yeux!

video

La mixologie moléculaire
Selon M. Greco, incorporer le moléculaire à la science des cocktails est un jeu d'enfant... ou presque. En fait, il faut surtout avoir à sa portée les fameux additifs qui permettent de réaliser des sphérifications (petites boules de gelée à la saveur de notre choix), des gelées (avec de l'agar-agar) et des effets visuels (avec de l'azote liquide).

L'effet final!

Ces additifs, habituellement difficiles à obtenir pour qui n'est pas chef (et encore là), sont depuis peu disponibles grâce à deux Québécois, qui ont fondé l'entreprise Molécule R. On peut acheter en ligne leur kit de mixologie moléculaire, avec tous les additifs nécessaires pour impressionner la galerie.


Voici la recette de Perrier Mojito de Laurent Greco, un classique!

- 10 feuilles de menthe fraîche
- Une demi-lime coupée en 4 morceaux
- 20 ml de sucre de canne liquide
- 40 ml de rhum blanc ou ambré cubain
- 40 ml de Perrier
- quelques goutes d'Angostura (facultatif, mais si bon!)

Dans un grand verre à mélanger, écraser au pilon la menthe, la lime et le sucre. Ajoutez de la glace concassée et verser par-dessus le rhum et l'Angostura. Mélanger à la cuillère tout en ajoutant le Perrier. Décorer le verre d'une tête de menthe et d'une tranche de lime. Déguster!

Sur ce, je vais manger une bonne courge spaghetti. C'est le temps des courges, faut en profiter!

5 septembre 2011

Le Rachel Rachel passe au feu

Des fois, le hasard fait bien les choses. Dans ce cas-ci, pas tellement!

Alors que j'avais pris contact avec Bob le chef, le cuistot derrière le Rachel Rachel, pour un article que je prépare sur les bars qui servent aussi de la bonne bouffe, voici que je reçois ce matin une réponse inattendue et désolante à mon courriel...

"Merci pour l'invitation, mais fort malheureusement notre établissement a passé au feu aujourd'hui même : (", m'a écrit Alexis Brault, un collaborateur de Bob le chef, entre autres créateur de l'Anarchie culinaire. Selon les infos sommaires que j'ai glanées sur le web, le Rachel Rachel aurait passé au feu, pour une raison toujours inconnue, vers 5h du matin dans la nuit du 4 au 5 septembre. Selon Montréal TV, les pertes seraient totales à l'intérieur de l'établissement. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire un détour pour passer devant cet après-midi. J'ai vu des gars en train de loader un camion avec, j'imagine, ce qui est récupérable. Quel dommage quand même!



Malgré ce revers, l'équipe du resto semble déjà décidée à continuer l'aventure: "Ceci dit, nous ne baissons pas les bras, nous réouvrirons le plus rapidement possible", m'a affirmé Alexis Brault. Oufff!!

1 septembre 2011

Bouffer à Vancouver, la fin

À Vancouver, j'ai trouvé des petits restos de quartier sympa, des cuisines simples, remplies de fraîcheur et le goût de l'Ouest et ses produits: poissons, fruits de mer, fruits et légumes frais et croquants. Il y a aussi beaucoup, beaucoup de pubs, certains plus sportifs, ou alors du genre karaoké-micro ouvert comme le Darby's dans Kitsilano, et leur menu de burger, frites et autres items bien gras.

Le Bao Bei

Mon coup de coeur a été la taverne chinoise Bao Bei, nouvelle institution du Chinatown dans le centre-ville de Vancouver. Quand j'ai lu que le resto avait remporté les prix de meilleur nouveau resto, meilleurs petits plats et meilleur design pour Vancouver, mon choix était fait.


Dès notre entrée, moi et mon amie avons été accueillies par un serveur qui affichait, sur son polo noir, une petite fleur de lys blanche et qui, bien entendu, reconnu tout de suite mon accent! Il était installé à Vancouver depuis 8 ans et travaillait depuis l'ouverture au Bao Bei. C'est la proprio, une jeune femme chinoise du nom de Tannis Ling, qui a élaboré le menu des petits plats et des cocktails.


Quels cocktails! Je ne pouvais arrêter d'en commander un nouveau, je crois que j'en ai goûté cinq! Un margarita fait avec de la tequila infusée à la pelure de tangerine, son verre tourné dans du chili sucré/salé. Un rye sour avec du sirop de pruneau et de l'olive confite râpée sur le dessus, franchement délicieux. Le tout, fait dans les règles de l'art avec du blanc d'oeuf! Bien installées au bar, nous avons fait la rencontre d'un New Yorkais qui visitait pour la première fois le Canada et qui ressemblait à Où est Charlie? Le barman, Matthew, était tout à fait sympathique et nous a bien conseillées.

Trois services de petits plats chinois et petits cadeau nous priment, et ce fut génial! D'abord, des porks potstickers, espèce de gyoza au porc. Avec des mantous, petits pain chinois briochés, où se trouvaient des tranches de côte de boeuf braisée au hoisin et des cornichons.

Les mantous!

Puis, nous avons commandé une salade de pieuvre, cuite à point - ça rappelle presque le poulet! - sur cresson, radis, ail confit et basilic thai. Avec un tartare de boeuf haché très fin, où trônait un jaune d'oeuf, avec des chips faits de la racine du taro, une plante tropicale. Pour terminer, le macro, celui que j'ai aimé le moins, cuit à la vapeur avec shitaakés. Quant au pork belly, mariné 3 jours, il fondait littéralement dans la bouche!

En vrac:


The Red Wagon: C'est le copain de mon amie, un Vancouvérois pure laine, qui nous a amenées dans ce resto sans prétention situé dans East Vancouver. C'est un de ses amis, le chef Brad Miller, ayant entre autres travaillé en France, qui a ouvert ce diner qui ravira les férus de bouffe maison et de comfort food. On n'y va pas pour faire attention à sa ligne! J'y ai mangé une excellente crème de tomates fumées (une idée à repiquer!) avec un grilled cheese 3 fromages et bacon. En dessert, une grosse pointe de tarte aux bleuets, couronnée de glace à la vanille. 


Guu Original: Je voulais absolument, lors de mon passage à Vancouver, essayer une izakaya, ces bars japonais qu'on compare souvent à l'équivalent nippon des bar à tapas espagnols. Nous avons donc visité le Guu, premier izakaya à avoir ouvert ses portes à Vancouver, en 1993. L'endroit était bondé, et on y fait la file pour entrer. Nous avons mangé et bu des grosses bières japonaises pour pas cher! Le concept est de commander plusieurs petits plats. Tout était excellent, mais nous avons particulièrement apprécié l'anguille BBQ, gratinée avec du riz, les huîtres et la salade sashimi.


Slickity's Jim: Situé sur la Main, le Slickity Jim est un de ces cafés de quartier cool où on se sent à l'aise tout de suite. P'tit déj, des bénés, des sandwichs. Très sympa.

The Foundation: Un autre resto sur la Main, un peu plus près du centre-ville, où on fait souvent la file pour entrer. Service qui-s'en-foutisme, une allure un brin rétro et vintage, et un menu végé excellent - les nachos sont un must!

Naam: Autre resto végétarien, celui-là dans Kitsilano, ouvert 24h sur 24. On y sert, dans la petite salle tout en bois remplie à craquer, d'immenses burgers, burritos, enchiladas.

31 août 2011

Où boire, où manger à Tofino

Lors de mon séjour d'une semaine à Tofino au début du mois d'août, je n'ai pas pu résister à l'appel des nombreux restaurants et cafés. Malgré l'affluence touristique du village, j'ai été heureusement surprise de constater que les attrape-touristes étaient plutôt rares, même si, bon, on n'en sort pas. Quelques suggestions, par thème:

Pour être un foodie in (et se rincer l'oeil): le Shelter Restaurant

La terrasse du Shelter Restaurant

J'ai tellement aimé le Shelter que j'y suis retournée deux fois, au bar, mon endroit de prédilection. S'y retrouve une crowd assez jeune de surfers, locaux autant que visiteurs, et l'endroit a définitivement un petit air de m'as-tu-vu, mais sans trop forcer la note. D'ailleurs, tout-le-monde-il-est-beau ici, le staff compris. Eh oui, il n'y a pas de mal à se rincer l'oeil tout en dégustant de la bonne bouffe!

L'endroit est à la fois un pub, un bar et un restaurant de fine cuisine, en plus de posséder une grande terrasse chauffée. Vous avez donc le choix: bière et burger ou alors vin local et filet de flétan? À moins que vous ne vous arrêtiez seulement pour goûter aux drinks originaux qui se présentent sur la carte des boissons. J'aime bien cette versatilité et cela fait sans aucun doute le succès du Shelter.

Le jeune chef en place depuis 2009, Joel Aubie, est originaire de l'Île-du-Prince-Édouard. Il y crée une cuisine très côte ouest, où les produits de la mer font belle figure. J'y ai dégusté le premier soir des huitres gratinées avec bacon et basilic, un excellent flétan local pané, servi avec ragoût de patate-poireau-bacon fumé, asperge et relish de tomates fumées. La deuxième fois, j'ai opté pour un Tofino surf bowl, où on garnit de saumon, poulet ou tofu mariné un bol rempli de légumes vapeur, riz sauvage et basmati, coriandre et yogourt.

Pour découvrir la culture locale: SoBo

Verdures, betteraves et fromages de chèvre,
accompagné d'un Riesling bio, de la maison Tantalus au BC

Le SoBo a très bonne réputation à Tofino. Propriété du couple, Artie et Lisa Ahier, SoBo signifie "sophisticated bohemian", donc des plats tout en finesse préparés avec des produits simple, frais, locaux, parfois même sauvages. Le décor, chic et rustique à la fois, appuie cette thématique.

Lors de mon passage, on faisait la file pour avoir une place dans la salle ou sur la terrasse de ce resto situé au deuxième étage d'un édifice tout vitré, d'où on peut avoir une jolie vue sur le village. En attendant, certains profitaient de l'air salin à l'extérieur, près du foyer, assis sur des sofas ou sur une grande table de pique-nique.

Sur le menu, un espace est réservé pour nommer tous les producteurs associés au restaurant. J'adore quand les restos font ça, appuyant la philosophie de la terre à l'assiette. J'y ai dégusté une très bonne et rafraîchissante salade de verdures avec betterave et chèvre ainsi qu'un killer fish taco avec une salsa de fruits, très épicé!



Pour du bon pain et de la bouffe maison: le Common Loaf Bake Shop

Le Common Loaf Bake Shop (photo prise ici)

Vous cherchez du pain, des muffins ou des viennoiseries à Tofino? LA destination, c'est le sympa Common Loaf Bake Shop. Sur deux étages, cette maisonnette accueille locaux et touristes en recherche d'un endroit pour chiller sur la terrasse ensoleillée, d'un petit déjeuner ou lunch ou d'un café.

J'ai adoré m'y prélasser en lisant un après-midi. Un escalier colimaçon monte au deuxième étage, joli comme tout! J'y ai mangé une costaude soupe de pommes de terres et une lasagne végétarienne. Du vrai comfort food!



Pour le meilleur café de Tofino: le Vincente

C'est du moins ce que ce petit café, qui sert aussi des déjeuners toute la journée et des sandwiches et autres soupes, proclame. C'est vrai que le café y est vraiment bon et que je me sens toute drôle depuis que j'en ai bu... La preuve:

:)

Pour une bière 100% tofinoise: la Tofino Brewing Company


Lors de mon passage à Tofino, je ne pouvais pas ne pas aller visiter une toute nouvelle brasserie qui a ouvert ses portes en avril 2011: la Tofino Brewing Company. La plupart des restos supportent déjà la brasserie en proposant la Turf Session Ale, la Hoppin' Cretin IPA ou encore la Fogust Wheat Ale, les trois seuls produits disponibles à ce jour. Toutes les bières sont naturelles, non filtrées, faites seulement à partir d'orge, d'houblon, de levure et d'eau.

La brasserie est situé juste avant d'arriver au village de Tofino, dans un grand bâtiment où se fait la production. À l'entrée, de façon très informelle, se trouve un petit comptoir avec des pompes à fût où on peut faire remplir des cruches pour rapporter chez soi. Je suis donc revenu à mon hostel avec une belle bouteille en verre à l'effigie de la compagnie, remplie de Turf Session Ale.

Photo prise ici

Pour se la péter avec classe: The Pointe Restaurant

The Pointe Restaurant

Situé dans le chic hôtel Wickaninnish Inn, tout fait de bois et affichant un décor inspiré par l'art des natives, The Pointe Restaurant est un endroit très réputé, classe et, il faut le dire, assez dispendieux. Ne reculant devant rien, j'ai décidé d'y arrêter lors de mon départ de Tofino pour y ... déjeuner!

La salle, qui se prolonge en un demi-cercle vitré qui donne une vue imprenable - 240 degrés! - sur l'Océan Pacifique, est magnifique. Le service, très professionnel et discret, est digne des plus grands restos. Et pour me la péter un peu quand même, malgré l'heure matinale, j'ai pris l'item le plus cher au menu: deux oeufs bénédictine au crabe avec avocat, fenouil et salade de tomates marinées. Exquis!



À venir: la suite de mes trouvailles gastronomiques à Vancouver

16 août 2011

Bishop's, Vancouver: une soirée parfaite

J'ai quitté l'Ouest avec une petite boule dans la gorge. Parce que j'y laissais derrière une de mes plus précieuses amies, qui m'a abandonné pour les charmes d'un Vancouvérois (pfff!), et parce que j'y ai vécu trois semaines tout simplement parfaites; les plages, le soleil, l'air frais, l'infinité de l'Océan Pacifique, la vibe de Vancouver, la belle et la zénitude de Tofino, la magnifique.

En accro de restos que je suis, je ne pouvais évidemment que faire de ce voyage une virée gastronomique en bonne et due forme. Au cours des prochains jours, je vous présenterai les bijoux que j'ai dénichés à Vancouver, Tofino et Seattle. Aujourd'hui, une institution de Vancouver, le Bishop's.

Le Bishop's

Situé sur la 4e avenue dans le joli quartier de Kitsilano, le Bishop's porte le nom de son propriétaire, John Bishop. Originaire du Pays de Galles, il a adopté Vancouver en 1973, après avoir fait ses classes comme cuisinier en Europe. Après quelques années à travailler avec différents chefs, il ouvre le Bishop's en 1985 et s'y fait connaître et reconnaître encore aujourd'hui en proposant une authentique "West Coast cuisine", qui fait la belle part - et bien avant que ce terme soit à la mode - aux produits locaux, de saison et souvent biologiques: légumes, poissons, fruits de mer, viandes mais aussi vins et même alcools (comme en témoigne le dry martini avec vodka locale dégusté par mon ami en apéro!)

Nous y sommes allés en quatuor pour fêter mon anniversaire en grand. Quelle soirée gastronomique inoubliable! Minuscule à première vue, le restaurant s'étend finalement sur un deuxième pallier, où se trouve tout au fond la cuisine. Clientèle chic, quelques hommes d'affaire, des couples, et nous, les joyeux lurons. Le service, avenant, ultra-sympathique tout en restant protocolaire lorsqu'il le fallait, nous a réjouis. Bref, j'ai été traitée comme une reine et John Bishop's lui-même, qui laisse désormais les fourneaux aux soins de la chef exécutif Andrea Carlson, est venu me souhaiter bonne fête! Hot la chick, hein?

Lorsqu'on est dans un restaurant aussi réputé que le Bishop's, on ne se pose pas de question: oui, nous avons tout, tout, tout pris, pour un total de cinq services! La mise en appétit, jolie comme tout, se présentait en quatre petits bols qui tenaient dans le creux de la main où se trouvait une délicieuse et embaumante crème de petits pois et menthe, avec un petit pois tout croquant et frais, comme une surprise, au fond. Déposé sur le bol, une tranche de bacon. Avalé en deux temps, trois mouvements!



Lorsqu'un serveur propose des huîtres en amuse-bouche, et qu'on se trouve à Vancouver, dans un restaurant réputé pour rendre hommage aux produits locaux, on n'a qu'un choix: dire oui, j'en veux! Je ne suis pas une grande connaisseuse en la matière, mais les accompagnements servis avec nos précieuses huîtres m'ont semblé très originaux et les harmonies en bouche étaient tout simplement sublimes. Tout d'abord, on a eu droit à une sauce muy muy piquante: une crème de piments habanero. Je sais pas si vous connaissez, mais le habanero est considéré comme un des plus forts piments forts. Aie aie aie!! Pour calmer le tout, une sauce aux mûres venait adoucir le feu, ainsi que quelques brins de salicorne (on l'appelle aussi cornichon de mer). Et les huîtres... il faut en goûter une fois d'aussi fraîches, baignant dans un jus salé goûtant l'océan, pour comprendre qu'on est au paradis... sur terre.



La soirée était bien commencée! En entrée, mon amie et moi avons opté pour des fleurs de courge farcies au fromage de chèvre et frites dans le tempura, accompagnées d'une vinaigrette à la fleur d'ail marinée et basilic et d'une réduction vinaigrée à la framboise. Tout ça fondait littéralement en bouche! Nos acolytes y sont plutôt allés d'une salade de pieuvre, grillée à la perfection, accompagnée de graines de sarrasin germées, de noix, d'ail noir et d'haricots à la menthe. Rien que ça!

Les fleurs de courge farcies...

Alors que le moment du plat de résistance approchait, nous avions déjà avalé une bouteille de Pinot gris de Colombie-Britannique (dont j'ai malheureusement oublié de noter le nom), et nous entamions notre deuxième divine bouteille du Pinot noir 2008 de la maison CedarCreek Estate Vinery, située près de Kelowna. Nous étions donc de la plus joyeuse des humeurs, il va sans dire! Comme si ce n'était pas assez, voici que se plante devant moi ma poitrine de canard de la ferme Yarrow Meadows, accompagnée de patates confites, d'une terrine de rhubarbe, de betteraves rôties de la ferme Hazelmere, d'épinards de Nouvelle-Zélande, le tout baignant dans un jus de baies parfumé à la rhubarbe.

Poitrine de canard

C'est toujours la même histoire: je roulerais à terre tellement ma panse éclate de bouffe, mais impossible de résister à l'appel du dessert! Surtout devant la carte qu'on nous a présentée... Notre choix s'est donc arrêté sur tarte à la crème et citron, avec framboise, ainsi que sur le Panna Cotta aux éclats de cacao, avec gelato de chocolat et biscuits salés au chocolat. Et ce, sans compter mon "gâteau" d'anniversaire... Je dois par contre avouer que je n'ai aucune idée de quels fruits étaient constitués ces jolies cubes qui avaient la texture de jujubes.



Quand je vous disais que j'ai été traitée comme une reine... On ne m'a même pas laissé regarder le montant - faramineux j'imagine! - de la facture... Merci, Bishop's :)


8 août 2011

Le M. Wells ferme ses portes

Reçu dans ma boîte de courriel hier, un message de Hugue Dufour et de sa copine Sarah, propriétaires du M. Wells à New York.  Dans cette lettre envoyée aux clients du M. Wells, ils annoncent la fermeture du resto mené par cet ancien du Pied de Cochon dans Queens, un fait assez surprenant à prime abord, étant donné que le resto ne cesse de récolter bonnes critiques (dont une mention dans le New York Times, classant l'endroit parmi les 10 restos au monde pour lesquels il vaut la peine de se déplacer en avion!) et popularité grandissante depuis son ouverture. En voici un extrait:

"On the heels of our first anniversary, M. Wells is preparing to close at the end of August. We are in this precarious position because we took the ambitious and risky decision to open M. Wells without a long-term stability on the property. The landlord allowed us to occupy the space for a little over a year.
And we went for it. The space was charming, we lived across the street and we had faith in Queens. And, of course, we hoped that we would work out an arrangement that solidified a future. Alas, we have not been able to strike an agreement with the landlord. The details would turn your stomach. After several months of trying to negotiate, we relented and accepted the fact that we weren't meant to remain his tenants."




M. Wells, de l'extérieur

Heureusement, le couple annonce que M. Wells réouvrira bientôt ailleurs. J'ai eu la chance de me rendre au M. Wells le printemps dernier lors d'une escapade à NY et leur local, un ancien wagon de train réamménagé en diner aux allures seventies, semblait tout désigné pour la cuisine de Dufour, un heureux mélange de la cuisine luxuriante et riche du Pied de Cochon, utilisant à souhait viandes, poissons et abats  dans des plats traditionnels revisités et incorporant plusieurs légumes ainsi que quelques ingrédients tout québécois comme le sirop d'érable et les cretons... Le tout avec une inventivité qui ne sacrifie pas une réjouissante simplicité dans l'assiette.


Intérieur du M. Wells

Lors de mon passage en avril dernier, moi et mes amies avions réussi in extremis à se trouver une place pour un brunch mémorable. Tout dans cet espace m'avait charmé: la vibe cool, 100% new-yorkaise et hipster, la bouffe, généreuse, goûteuse, et - faut faire comme les New-yorkais lorsqu'on est à NY - le traditionnel accompagnement à tout brunch: un immense bloody ceasar (avec du paprika fumé en remplacement du sel de céleri autour du verrre: yummy!). Évidemment, j'ai pris une photo du menu, qui navigue allègrement entre le fish n' chips, la gravax pie (!), l'oeuf soufflé et la soupe du jour, servie avec brioche au foie gras.



En espérant que M. Wells trouve bientôt une nouvelle location à sa hauteur. En attendant, si vous passez par Queen's, Hugue et Sarah annoncent la tenue d'un dinner party chaque week-end d'ici la fin août. Celui du 6 août dernier était sous la thématique "Our Trip to the Fulton Fish Market". Souper gargantuesque en vue...

2 août 2011

Insulaire

J'ai visité 6 îles au cours de ma vie (en fait 7, si j'inclus l'île d'Orléans, mais bon...): les îles grecques Ios, Santorini et la Crête, Cuba, les Îles-de-la-Madeleine, puis m'y voici enfin, l'île de Vancouver. Sais pas pourquoi, j'aime ça, des îles. Peut-être parce que je suis née dans l'immensité de la campagne bas-du-fleuvioise, là où l'horizon n'arrête jamais vraiment de s'étirer. Là où tu peux marcher en ligne droite longtemps sans rencontrer d'autres obstacles que le fleuve Saint-Laurent. Et même de la rive, impossible de ne pas remarquer les montagnes charlevoisiennes de l'autre côté, et le territoire qui continue de se dérouler.
J'aime l'idée de l'île; elle a un contour, on peut la parcourir, la traverser, en faire le tour et revenir au même point. C'est circonscrit, circulaire, défini. Certains peut-être se trouvent à l'étroit sur une île, ressentent l'enfermement, deviennent claustrophobes. Chez moi, au contraire, ça fait surgir un certain sentiment de paix, de béatitude. Quand le territoire est trop grand, ça me donne le vertige.
Comme si ce n'était pas assez, j'ai comme cette idée fixe d'aller au bout. Au bout d'un coin de terre, d'un pays, d'un continent. J'ai toujours fascinée, par exemple, par la Terre de Feu. Quelle exaltation de se savoir tout au bout des Amériques, dans ce paysage stellaire! Quand j'ai visité la Grèce, j'avais encore cette idée fixe d'aller au bout, sur l'île le plus au sud, la Crête. Et même une fois arrivée sur la côte nord de cette île, je voulais la traverser, aller jusqu'au bout, sur la côte sud, où soufflent les vents chaud de l'Afrique.
M'y voici donc, encore une fois, au bout, tout à l'Ouest des Amériques (ou, du moins, du Canada), sur l'île de Vancouver, dans le minuscule village de Tofino.


Coucher de soleil sur Tofino

...
Je suis loin d'être une globe-trotter, mais quelques endroits restent gravés dans ma mémoire. Mon arrivée dans le petit village d'Agia Roumeli, sur la côte sud de la Crête, et cette plage de gros galets gris, blancs, gris foncés, et pour la première fois la Méditerranée, et la pleine lune qui s'y reflétait dans ses ondulations. Une marche dans le parc naturel El Cabo del Gata en Andalousie, ses arides terres rocailleuses rouges, ses aloès géantes et ces autres végétaux étranges, mystérieux, dont je n'ai jamais su le nom.
La route 4 West que j'ai prises pour me rendre jusqu'à Tofino m'a aussi fait forte impression. Route tortueuse, sinueuse, qui serpente, entourée de forêt, faite de mille surprises - au détour, tout à coup, le lumineux océan se dévoile sous mes yeux, alors que ma voiture sillonne cette route en hauteur qui n'en finit plus de me donner le tournis. Et ces feuillages gorgés de vert, qui brillent comme des émeraudes au soleil. Je croyais en avoir vu, des forêts, dans ma campagne québécoise, mais celles-ci sont immenses, généreuses, fournies, touffues, grandioses.

Et me voici donc à Tofino. Cet ancien village de pêcheurs est aujourd'hui un village de surfeurs. Bien sûr, on peut venir à Tofino faire de l'observation de baleines, d'ours, courir les hot tubs, marcher dans les sentiers, mais l'activité principale, c'est le surf. Même la pharmacie vend des wet suit, goddam it!
C'est pour ça que je suis ici, moi aussi, pour un camp de surf intensif de 5 jours avec l'école Surf Sister. Je n'avais pas mesuré l'ampleur de la chose avant d'arriver, le premier matin de mon premier cours, à Cox Bay, une des vingtaine de plages entourant Tofino. 9h le matin, et des chars parkés à perte de vue, partout, des gens en wet suit - des hommes, des femmes, des enfants, des chiens (bon peut-être pas en wet suit, mais vous voyez le topo) - des gens avec des planches de surf, des écoles de surf avec leurs élèves...
Et moi? J'ai avalé plusieurs litres d'eau salée, j'ai reçu mon longboard sur la tête, j'ai tenu quelques secondes debout dessus, j'ai ramé à plus avoir de force dans les bras, j'ai marché à contre-sens des vagues à ne plus avoir de jambes. C'est bien ça, faire du surf?
:P

25 juillet 2011

Le goût de l'Ouest

Depuis 4 jours, m'y voici. Vancouver. Journées fraîches, Océan Pacifique, végétation luxuriante. Côte Ouest. Chill out, that's the word to know here... Partout, comme un parfum qui flotte dans l'air et se dépose tout doucement, cette vibe de l'Ouest. I'm on the west coast yeah baby!!

Vancouver ne ressemble à aucune des villes que j'ai vues. Même si elle est parmi les plus peuplées au mètre carré en Amérique du Nord, ça ne paraît tout simplement pas au jour le jour. Peut-être de par sa configuration. Le downtown - assez tranquille comparé, disons, au downtown de NY - est situé sur une péninsule... Du sud de la ville, on peut y accéder par plusieurs ponts qui surplombent l'English Bay et Grandville Island. Au sortir de ces ponts, surtout la nuit, c'est le silence total, la paix, la tranquillité dans ces quartiers - je demeure dans Kitsilano - traversés par des avenues. Dès qu'on quitte ces avenues où s'alignent sagement petits commerces, restaurants, cafés, on tombe dans des rues bordées d'arbres et de haies de cèdres, où se succèdent les jolies maisons fleuries.

Mais où sont les blocs appartements? Apparemment, à Vancouver, la location de maison et la colocation à plusieurs est de mise. Quand ce n'est pas simplement une maison qui a été séparée en plusieurs appartements, comme celle où je vis pendant ces trois semaines. Dans ma cour (MA cour, hein!), il y a un des plus anciens Monkey Tree de la ville. Il est HUGE!



Quant à Wreck Beach... Oui j'y suis allée. Je n'ai pas encore fini d'observer cette faune hétéroclite, moitié à poil, moitié habillée, et les relations sociales et rapports qui s'y installent. Un endroit décidément à part... Un groupe de vendeurs légaux et illégaux, visité à chaque jour par les cops, qui résiste, à sa manière, contre l'autorité, les lois, l'interdit. Un certain goût de liberté... Je vous en reparle...

Sur ce, direction Commercial Drive! See ya

20 juillet 2011

One-two, one-two, check, hum-hum

Depuis le temps que je me promets de le faire, voici mon blogue tout neuf. En espérant qu'il ne sombre pas dans mon oubli collectif (dis-je en comptant le nombre de blogue créés et jamais utilisés... smurf).

Alors, pendant que pendouillent les chairs humides rougies, brûlées et calcinées par le soleil montréalais - ça fesse comme une tonne de briques! - et que tout le monde se meurrrrrrre voilà que je m'enfuie déjà, les yeux vers l'Ouest. C'est que demain, oui demain, enfin, je fais une vraie Québécoise de moi-même et je découvre les charmes de l'Ouest canadien. En fait, je m'en vais le plus à l'ouest possible, parce que impossible que je passe par Calgary, j'ai trop peur de croiser Stephen. Qui sait alors ce qui pourrait m'arriver??

Vancouver beach m'attend, bronzage intégral en prime. C'est que j'ai bien l'intention de visiter la plus célèbre des plages de tout-nus de la ville, Wreck Beach, située près du campus de l'Université de Vancouver, tout au bas d'un escalier de quelques 400 marches. Je vous partage des photos, promis.

Sinon, à part me foutre à poil, j'ai aussi deux shows costauds au programme: Cults et Handsome Furs, les deux premiers jours de mon arrivée. On pourra pas dire que je ne participe pas à l'économie culturelle locale. Connaissez pas Cults? C'est LE disque de l'été et Go Outside ben... c'est MA toune de l'été.